Programme de recherche

Projets retenus par le conseil d’administration

Réduction concomitante des émissions de gaz à effet de serre et d'odeurs provenant d'un lieu d'enfouissement sanitaire par des biorecouvrements

Financé dans le cadre de :Programme 2010-2011: 3e appel de projets de juin 2010

Partenaires

  • Industriels: Waste Management Inc.

  • Institutions de recherche: Université de Sherbrooke

Montant demandé au CRIBIQ

77 078$

Résumé 

Les sites d’enfouissement peuvent émettre du méthane (CH4) pendant des décennies, et ce particulièrement après l’arrêt du système de pompage des biogaz. Une solution pour réduire ces émissions de gaz à effet de serre (GES) consiste en l’ajout d’un biorecouvrement d’oxydation passive du méthane (BOPM). Un BOPM substitue la couche de protection normalement exigée par toutes les législations lors de l’installation du recouvrement final. On y trouve les conditions propices au développement des bactéries méthanotrophes, lesquelles sont capables d'oxyder le CH4 du biogaz produit par les déchets en CO2 par voie biotique et de façon passive, c'est-à-dire sans besoin d'équipements particuliers ni d’entretien à long terme. On obtient ainsi une réduction du potentiel de réchauffement planétaire de l’ordre de 25 fois. Nos résultats expérimentaux récents avec des BOPM installés sur le site de St-Nicéphore (Waste Management) indiquent qu'un BOPM peut réduire les émissions fugitives de CH4 avec un taux d'efficacité pouvant atteindre ~100%. L’autre avantage d’un BOPM est qu’il permettrait aussi de réduire les émissions de mauvaises odeurs de façon exceptionnelle. En effet, des essais récents ont relevé qu’il était possible d’éliminer jusqu’à 99.99% des odeurs et des composés soufrés réduits émis. Cet ensemble de résultats suggèrent fortement que cette biotechnologie « verte » améliorera de façon significative le bilan environnemental de l’industrie de l’enfouissement de matières résiduelles. Cependant, afin de garantir la conception raisonnée et éclairée d’une BOPM pour qu’il soit efficace pendant les décennies qui suivent la fermeture d'un site (et – surtout – l’arrêt du pompage des biogaz), plusieurs détails scientifiques et de conception doivent être étudiés. Le présent projet est un complément fondamental à un projet en cours, cofinancé par Waste Management et le CRSNG, projet dans lequel plusieurs aspects des BOPM sont étudiés. Nous comptons étudier l’importance de la végétation sur l’oxydation biotique du CH4, ainsi que certains aspects du contrôle des odeurs. Nos résultats des 2 dernières années indiquent que la présence de végétation aurait un grand impact sur l’efficacité d’un BOPM. Il s’agit d’observations qui n’ont pas encore été documentées par notre équipe; et très peu par d’autres équipes. Nous comptons caractériser les substrats utilisés sur terrain, faire un suivi de l’évolution dans le temps de la végétation et de la diversité des communautés bactériennes retrouvées dans ce substrat, effectuer des essais d’oxydation du CH4 en laboratoire avec des colonnes et différentes espèces de plantes et développer des protocoles pour l’identification des composés organiques volatiles (COV) éliminés dans la zone rhizosphère. Ce projet de recherche représente donc une étape décisive du développement de la technologie des BOPM, laquelle a le potentiel d’être appliqué dans n'importe quelle région du monde (climat) et respecterait la plupart des règlements mondiaux (sinon tous) concernant l’enfouissement de matières résiduelles.


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